Vesc, Remarques sur le dénombrement de 1886

Répartition.

La structure de ce dénombrement est encore différente des précédents. A l’intérieur du Village on indique maintenant dans quelle rue les personnes habitent. Vesc connaît par exemple  une Rue de la Mairie, Place de la Liberté et une Rue du Temple.

Le nombre de personnes qui y habitent est indiqué pour chaque quartier ou hameau. A la fin se trouve aussi un résumé de tous les quartiers et hameaux avec le nombre d’habitants :

Population

Nous constatons encore une diminution de la population de 752 en 1881 à 714 en 1886. L’exode rural continue.

Etrangers

Entre 1881 et 1886, un couple d’enseignants a élu domicile à Vesc. Il s’agit  de Jean Aimé Emile Peyrol et Eugénie Astier [1] . Dans leur maison dans la rue de la Mairie habitent, mise à part leur fille  Emma Adèle, deux élèves : Marie Rosalie Franzonne[2] et Eugène Louis Franzonne[3].  Certains se demanderont peut-être, mais qui sont ces étrangers ?  Après quelques recherches, nous avons trouvé leurs parents. Ils s’appèlent  Eugène Fortuné Franzonne et Rosalie Teysseire[4] . Il est né à Sainte Jalle[5] de père italien et de mère française. Le père de cet Eugène Fortuné et donc grand-père de ses enfants est né à Vendurnay Provincia di Biella dans le Pied Monte. Les enfants ont la nationalité italienne, comme leur père et grand-père. 

La famille est très active dans les travaux publics. Nous croyons qu’ils ont été engagé comme entrepreneur des travaux publics pour les nombreux tunnels qui ont été construits dans la deuxième moité du 19e siècle dans notre région.

Les italiens, à eux seuls, représentent  10% des ouvriers du bâtiment. Dès 1880, à l’époque où entre en application le plan Freycinet[6] de construction de voies ferrées, de canaux et d’équipements portuaires, on les retrouve le plus souvent manœuvres sur ces grands chantiers.[7]

Mais il habite encore une étrangère dans la maison de la famille Peyrol, il s’agit d’une institutrice anglaise qui est ici gouvernante, elle porte le nom de  Clara Markham Latham. Elle a 13 ans ! La précocité de cette enfant est stupéfiante.  Malheureusement nous n’avons pas d’autres précisions.

Domestiques et bergers

A Vesc, il y a, en 1886, 45 domestiques.

Un aperçu :

Habitants/ domestiques
annéesdomestiquesnombre habitantspourcentage
18368211017,45%
1881 188641 45752 7145,45% 6,30%

A Vesc, Il y a de nombreux domestiques en 1886. Cependant cette catégorie a un peu évoluée.

Dans des dénombrements précédents cette catégorie d’employés  concernait principalement des domestiques et des bergers. Ici, dans la colonne « remarque » certains domestiques portent la mention : cultivateur. Et comme nous l’avons vu, il y a même une gouvernante.

Puis il y a encore un autre changement. Parmi les 71 employés, 26  sont membres de la famille proche du chef de ménage. Ce sont leurs fils, fille, belle-fille, neveu ou nièce.

Comme nous en avons déjà fait la remarqué, la loi du 16 juin 1881, nommée d’après le ministre de l’Instruction publique Jules Ferry, rend l’enseignement primaire public et gratuit, ce qui a permis de rendre ensuite l’instruction primaire (6-13 ans) obligatoire par la loi du 28 mars 1882, qui impose également un enseignement laïque dans les établissements publics.[8]

Mais parmi les bergers et les domestiques, il y a beaucoup d’enfants qui n’ont pas encore 14 ans.

Il nous semble que les parents font souvent usage de l’article 5 de cette loi :

En outre, des autorisations d’absence n’excédant pas huit semaines par an peuvent être accordées par l’inspecteur d’académie, sur la demande des personnes responsables, aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés à des travaux agricoles ou embarqués pour la pêche maritime. Ces autorisations d’absence ne pourront être accordées qu’à des enfants fréquentant l’école régulièrement, et justifiant d’un niveau de connaissances qui sera précisé par arrêté ministériel.

Deux employés se marieront avec leur employeur. Il s’agit des personnes dont nous allons parler maintenant.

Elisabeth (dite Marie) Vincent s’est mariée en 1862[9]  avec Jean Aubert de Bézaudun. Nous savons qu’il est décédé le 25 novembre 1883  à Privas. Nous n’avons pas pu trouver son acte de décès. En 1886  Joseph Marquet de Bouvières (né en 1849) travaille chez veuve Aubert (née en 1824). Le 1er octobre de la même année ils se marient, malgré leur grande différence en âge.

Eléonore Louise Die s’est mariée en 1876[10] avec Joseph Jouve. Le jour de leur mariage il a 66 ans et Eléonore a 31 ans. Elle a été « trouvée à l’âge de 6 mois à Marseille le 11 novembre 1844 et élevée par l’hospice de Marseille ». Ils ont une fille qu’ils appellent Régine Marie. En 1886 Eléonore  est ménagère chez Camille Benjamin Alaise, qui habite au quartier de Chatelas. Il est veuf de Marie Louise Barnier  qui est décédé en 1884[11].  Joseph Jouve, le mari d’Eléonore Louise Die décède en 1887[12]. Quelques années plus tard, en 1896, elle se marie avec Camille Benjamin Alaise, qui est aussi son voisin[13] !

Erreurs

Eléonore Louise Die

Dans ce dénombrement aussi il y a des imperfections.

Nous venons de dire qu’en 1886 Eléonore Louise Die est ménagère de Camille Benjamin Alaise au quartier de Chatelas.  Dans la liste ci-dessus, on la nomme Eléonore  Louise. Eléonore figure dans la colonne du nom de famille. Son patronyme véritable « Die »  a disparu. Cela rend toujours difficile la recherche pour trouver qui se cache derrière un nom. Heureusement, en dessous de son nom, celui de sa fille Régine Marie apparaît et cela nous met sur la bonne voie.

Garçon ou fille

Jean Guinard habite avec sa femme Virginie Fanny Gressot au quartier des Audrans. Quand nous examinons cette liste de près nous voyons qu’ils ont une fille qui porte le nom Louise et qu’elle a 4 ans. Elle doit donc être née vers 1882. Ils ont aussi un fils qui a 1 an et qui s’appelle Samuel Jean.

Quand nous comparons ces donnés avec les nôtres, nous voyons que la mariée porte le patronyme  Grassot avec un a. On le voit dans l’acte de mariage [14]  du couple et l’acte de naissance de l’épouse[15].

Mais il y a d’autres choses qui attirent notre attention.

Avant l’année 1886, le couple a eu 5 enfants dont 3 sont déjà décèdes avant l’année nommée. Notre arbre nous dit que leur fils Jean Louis est né [16]  le 24 mai 1882. Nous pensons fortement que Louise  dont il est question dans cette liste est en vérité Jean Louis.

Dans leur maison habite aussi Anne Chauvin, elle est la mère de Jean Guinard.  La graphie de son nom ne correspond pas exactement avec les actes. Elle est née à Volvent le 23 novembre 1810, sous le nom d’Anne Chovin[17].  Elle se marie à Vesc le 30 avril 1839[18] avec Jean Louis Guinard. Dans son acte de mariage on lit qu’elle porte le nom d’Anne Chovin.  Même quand elle décède le 16 janvier 1891[19] on la nomme Anne Chovin.  Ce n’est que dans  certains actes de naissances de ses enfants qu’on lui donne le patronyme Chauvin.

Certains disent qu’après la Révolution les patronymes sont fixes, mais ce n’est pas toujours le cas.


[1] Etat Civil de Saint Pantaléon les Vignes (An X-1889) page 287

[2] Etat Civil de Sainte Jalle (1`850-1890) page 356

[3] Etat Civil de Condorcet (1853-1885) page 368

[4] Etat Civil de Saint Ferréol (1840-1899) page 399

[5] Etat Civil de Sainte Jalle (1843-1852) page 21

[6] Le plan Freycinet est un ambitieux programme de travaux publics, lancé en 1878 par le ministre des travaux publics Charles de Freycinet.

[7] http://cahiersdugretha.u-bordeaux4.fr/2010/2010-13.pdf

[8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_Jules_Ferry

[9] Etat Civil de Vesc Mariages (1847-1889) page 120

[10] Etat Civil de Bouvières (1842-1890) page 620

[11] Etat Civil de Vesc Décès (1839-1889) page 380

[12] Etat Civil de Vesc Décès (1839-1889) page 395

[13] Etat Civil de Vesc Mariages (1890-1902) page 43

[14] Etat Civil de Ventérol (1853-1878) page 406

[15] Etat Civil de Saint Nazaire le Désert (1843-1852) page 153

[16] Etat Civil de Vesc Naissances (1839-1888) page 352

[17] Etat Civil de Volvent:(An XI-1812) page 101

[18] Etat Civil de Vesc (1833-1842) page 172

[19] Etat Civil de Vesc Décès (1890-1902) page 8