Le Chemin de réfugiés “Les Chastain de Vesc” .

de Vesc en passant par Schwabendorf  jusqu’aux États Unis

Au XVII siècle, il y avait beaucoup de réfugiés, des gens qui se sentaient obligés de quitter leur pays, leur village, leur famille. Un phénomène qui malheureusement est encore commun de notre temps. Mais quitter son pays n’était pas sans risque et, une fois attrapé, on pouvait être condamné aux galères..   

Puis, si la fuite était couronnée de succès, il fallait rebâtir une vie entière. Parfois on trouvait un lieu sûr comme Schwabendorf, comme le montre le cas de la famille Chastain de Vesc. Ce village se trouve à 1000 km de Vesc, il a été fondé en 1687 sur ordre du gouvernement landgrave de Kassel. À cette époque, 116 réfugiés religieux français s’y sont installés, huguenots et vaudois.

Noms des fondateurs de la colonie Schwabendorf 1687/ Carl Lantgeve de Hessen et Kassel

    Chemin des huguenots

Schwabendorf, près de Marbourg en Haute Hesse, est la plus ancienne colonie de huguenots de Haute-Hesse. En avril 1685 le landgrave Carl de Hesse-Cassel a assuré l’admission, le libre exercice de la religion et un certain nombre de privilèges, dans le cadre de sa concession de liberté, environ 3 800 réfugiés, pour la plupart huguenots, arrivèrent dans son pays. À Kassel et dans les environs, cependant, la capacité d’absorption a rapidement été complètement épuisée ; il fallait donc essayer de trouver des endroits où s’installer dans la Haute-Hesse également. La ville de Rauschenberg a également déclaré sa volonté d’accueillir des réfugiés. En 1687, 116 réfugiés répartis en 32 familles, pour la plupart originaires du Dauphiné, fondent la colonie « Auf der Schwabe » sur une zone de pâturage aux alentours de Rauschenberg, qui deviendra plus tard Schwabendorf.

Vesc

Au XVII siècle, Vesc était un village important avec son notaire et son apothicaire. Etienne Dubrotier, l’apothicaire était marié avec Clairette Marseille et ce couple a eu au moins huit enfants. Etienne s’occupe bien du futur de ces enfants puisqu’il marie sa fille Judith à Etienne Noyer, notaire royal et delphinal[1] à Vesc.

Mais au cœur de cette histoire se trouve leur fille Lucrèce Dubrotier, mariée vers 1640 à  Ellye Chastain, ménager à Vesc. Nous ne savons pas grand chose de leur vie. Quand il a presque 80 ans, il dicte son testament[2] parce qu’il est malade et « gisant dans  son lit ». A la fin du testament, il ne peut pas signer «à cause de sa grande faiblesse »  Ce passage confirme le caractère nuncupatif (oral) du testament, rédigé en présence du notaire et des témoins. Il sait qu’il ne vivra plus longtemps. C’est donc le 08 novembre 1686 qu’il a rendez-vous avec Etienne Noyer, son notaire et son gendre qui vient chez lui  avec les témoins.

Le testament d’Ellye Chastain  (1686)

Après la révocation en 1685 de l’Édit de Nantes par l’Édit de Fontainebleau la religion protestante devenait illégale et les droits des protestants devenaient très limités : Assemblées défendues, confiscation de jure des biens des « réfugiés». Ces biens ne pouvaient qu’être rendu après abjurations et si le propriétaire ne revenait pas tout était vendu par la Couronne ou par l’administration locale à des « catholiques fidèles[3] ».     

Pourtant le 8 novembre 1686, Ellye Chastain fait son testament. Dans ce testament, qui est parfois difficile à lire, tous ses enfants sont nommés mais les garçons adultes ne signent pas. Un mois plus tard, le 10 décembre 1686 [4], Ellye décède et est enterré au cimetière de Vesc. Mais regardons de près le testament d’Elysée dans lequel il est nommé Ellye. Une première chose qui étonne le lecteur se trouve dans la phrase  « en songeant à la miséricorde divine par le moyen de la mort & passion de nostre Seigneur Jésus Christ » Ellye Chastain exprime ici une conviction clef de la religion reformé : Le salut ne repose pas sur les œuvres ou les sacrements, mais sur la grâce par la mort et les mérites du Christ. Ellye fait un lien direct entre la mort rédemptrice du Christ et son propre passage à la vie éternelle. L’absence totale de toute référence à la Vierge Marie ou aux saints – norme dans les testaments catholiques de l’époque – souligne le caractère protestant de cette confession implicite.

L’héritière universelle est Lucresse Dubrotier (Brottier/ Brotier) sa femme, elle doit tout régler mais où sont les enfants? Aucun n’a signé le testament. Nous savons que quatre de leurs six enfants sont partis pour l’étranger d’abord à Marburg puis à Schwabendorf. Deux de leurs filles sont restés à Vesc. Judith (Jeudy) est déjà mariée avec Etienne Noyer, le notaire et sa sœur Marie (Marion) qui est encore célibataire mais qui se mariera le 14 juin 1696[5] [6] à Comps avec Antoine André Noir. Dans leur acte de mariage ni dans leur contrat on ne trouve de remarque sur le fait que ses frères et sœurs ont quittés le Royaume. On se demande quand ces personnes sont parties mais cela a eu lieu avant le 8 novembre 1686 qui est le jour du testament.

 Convergences et écarts entre les testaments d’Ellye Chastain et de Lucresse Brottier

Le testament de Lucresse Brottier (1687)

Ce testament rédigé le 8 juin 1687 à Grenoble, s’inscrit dans la continuité de celui de son mari Ellye Chastain, établi à Vesc l’année précédente.
Tous deux obéissent à la même logique familiale et spirituelle : assurer la transmission des biens tout en maintenant l’unité de la lignée Chastain dans un contexte de dispersion religieuse.
Mais le texte de Lucresse, plus précis et plus élaboré, reflète aussi les bouleversements survenus entre 1686 et 1687.

D’abord, la structure juridique demeure identique.
Le ton religieux, les formules d’ouverture et le legs symbolique aux pauvres du lieu de Vesc sont repris presque mot pour mot.
Lucresse respecte le plan successoral voulu par Ellye : les filles mariées, déjà dotées, reçoivent un legs symbolique ; les fils, Jacques et Pierre, sont désignés héritiers du patrimoine familial ; et les autres enfants ne conservent qu’un droit de souvenir.

Cependant, la testatrice introduit plusieurs ajustements majeurs.
Elle étend les legs à la génération suivante : ses petits-enfants Jean et Lucrèce Noyer, ainsi que Louise Chabrier, reçoivent chacun une part déterminée, conditionnée à l’âge ou au mariage.
Elle crée aussi une clause de substitution : si les deux fils, alors hors du royaume, ne reviennent pas, l’héritage reviendra à sa fille Marie Chastain, qui en jouira d’abord comme usufruitière avant d’en devenir propriétaire.
Cette disposition, absente du testament d’Ellye, traduit la réalité tragique de l’exil huguenot après 1685 et la volonté de préserver le patrimoine dans la branche restée en France.

Lucresse précise en outre la condition du retour au royaume : seul le fils revenu en Dauphiné héritera, l’autre en sera exclu.
Ce point, simplement suggéré chez Ellye, devient ici une règle ferme, témoignant du poids des départs vers la Suisse ou les Provinces-Unies.

Enfin, le ton spirituel de Lucresse est plus appuyé, presque solennel : croix, Trinité et prières rythment le texte, reflet d’une prudence religieuse accrue dans le Grenoble catholique des années 1680.
Là où Ellye s’exprimait en chef de famille, Lucresse parle en veuve responsable, consciente de la fragilité de sa descendance.

Ainsi, le testament de Lucresse Brottier n’est pas une simple répétition :
c’est une mise à jour pragmatique et protectrice, fidèle à l’esprit du premier testament mais adaptée à la nouvelle géographie familiale.
Il illustre la force d’organisation et de discernement de cette veuve dauphinoise, garante de la continuité matérielle et morale d’une famille protestante au seuil de l’exil.

Les remarques dans la marge

Dans la marge du testament d’Éllye  figure la note : « Ex la honnête Marion Chastain le 29 octobre 1687 ». On la retrouve à la fois sur le testament d’Ellye et sur celui de Lucresse,. Elle indique que Marion Chastain, encore célibataire[7] à cette date, demanda une copie des testaments de ses parents,  qui a due être faite après le 6 juin 1687. Ce geste, apparemment administratif, suggère pourtant une tension familiale : restée à Vesc, Marion semble vouloir vérifier l’exécution des volontés maternelles, peut-être par méfiance envers sa sœur Judith et son beau-frère notaire ou par crainte de la confiscation des biens par les autorités.

La structure de l’héritage

Ellye Chastain nomme son épouse Lucresse Brottier, comme héritière universelle, chargée de régler les dettes, d’exécuter les legs et de choisir, parmi leurs enfants, celui ou celle qui recueillera le patrimoine. Il lui accorde une autorité totale à charge de préférer les fils aux filles, “si ses enfants mâles se retrouvent dans le royaume”.

Les legs particuliers

Le testament énumère les dons faits à chacun des enfants d’Ellye Chastain et de Lucresse Brottier :

HéritiersMontantDélai / ConditionCommentaire
Jacques ( 1658-1691) et Pierrot Chastain (1655-1731) (fils)50 livres tournois chacunPayables après le décèsLegs d’apurement : ils sont ainsi exclus du partage des biens fonciers.
Isabeau ( 1646-1691), Marguerite (-) et Judy (1648-1718Chastain (filles mariées)20 livres tournois chacuneUn an après le décèsComplément symbolique à leur dot de mariage.
Marion Chastain ( ?- 1700) (fille non mariée)Montant non fixéÀ la discrétion de Lucresse BrottierLa mère déterminera sa dot ou sa part d’héritage.
Louise Chabrier (? – 1724) (petite-fille, fille de Marguerite)50 livres“Au cas qu’elle se retrouve dans le royaume”Clause conditionnelle : valable seulement si elle demeure en France.

La logique de la répartition

L’ensemble révèle un équilibre typique des familles huguenotes du Dauphiné :

  • Les fils reçoivent un legs pécuniaire modeste — signe qu’ils ne sont plus présents pour gérer la succession.
  • Les filles mariées ont déjà reçu leur part par dot.
  • La fille non mariée dépend de la volonté maternelle, reflet du contrôle exercé par la veuve.
  • La petite-fille est reconnue, mais sous condition de résidence, ce qui suggère des départs vers l’étranger.
  • Enfin, la veuve, Lucresse Brottier, détient une autorité absolue : c’est elle qui maintiendra le patrimoine et choisira le successeur.

Portée historique

Le testament d’Ellye Chastain témoigne d’une double réalité : celle d’un monde rural attaché aux structures patriarcales et celle d’une communauté protestante fragilisée par l’exil et la répression.
Sous une apparente simplicité notariale, chaque clause révèle la prudence d’un père cherchant à préserver ses biens dans un contexte d’incertitude politique et religieuse.

L’exil des enfants (1687-1691)

Isabeau Chastain qui est marié avec Benjamin Gachet de Volvent, décède à Marburg Dans son acte de décès on lit : «Mlle Isabeau Chastain, sœur dud Jacques Chastain, femme du Sr Benjamin Gachet de Volvent en Dauphiné est morte le 7e d’aout 1691 et a été enterrée le 8e dud mois âgée de 45 ans ».  

Le séjour à Marburg s’avère tragique pour les frères et sœurs Chastain parce que, auparavant, Jacques Chastain y était aussi décédé le 2 juin 1691. « Jacques Chastain de Vesc en Dauphiné est mort le 02-06-1691 et enterré le 03 dud mois, âgé de trente-cinq ans environ ».

Il est probable que Moyse Chabrier et Marguerite Chastain, originaires d’Ourches et de Vesc, aient quitté la France vers 1687 avec d’autres réfugiés dauphinois. Les noms Chabrier et Chastain figurent sur le monument commémoratif des fondateurs de la colonie hessoise de Schwabendorf, créée cette même année.

Selon le Familienbuch von Schwabendorf, en 1688 Moyse Chabrier (Chabrierre) vivait déjà à Schwabendorf avec sa nouvelle épouse Marie Blanck et deux enfants, Jacques (11 ans) et Daniel (9 ans). En effet, Marguerite Chastain n’y apparaît plus : elle serait décédée avant l’installation définitive de la colonie, probablement en route vers la Hesse, comme le rapporte la tradition familiale. Les deux enfants mentionnés sont très vraisemblablement issus de son mariage avec Moyse Chabrier.

Vers 1705, Moyse Chabrier est décédé, et sa fille Louise Chabrier, née de son union avec Marguerite Chastain, se trouve à Vesc où elle épouse Hector Grimolle le 22 octobre 1705.
Dans l’acte de mariage on lit :
« … d’une part et d’entre demoiselle Louise Chabrier du présent lieu de Vesc, fille naturelle et légitime de feu Moyse Chabrier et de Marguerite Chastain vivans du lieu Souche (d’Ourches) ».

Cette formule, dont la lecture paraît incertaine, pose un problème : l’emploi du mot vivans.
Dans le langage notarial du XVIIᵉ siècle, vivant du lieu de… signifie souvent originaire ou habitant du lieu de… et non actuellement vivant à….
La phrase indiquerait donc l’origine géographique du couple Chabrier–Chastain, et non leur résidence effective au moment du mariage.

Première hypothèse :
La formule s’interprète ainsi :
« fille légitime du feu Moyse Chabrier et de Marguerite Chastain, tous deux originaires du lieu d’Ourches ».
Cette lecture est conforme à la tradition familiale des Chabrier d’Ourches.

Seconde hypothèse :
Si l’on prenait vivans au sens littéral, l’acte impliquerait que Marguerite Chastain était encore en vie en 1705 et résidait à Vesc auprès de sa fille – ce qui supposerait un retour en France après le décès de Moyse Chabrier, mort en exil à Schwabendorf (Hesse).

Pierre Chastain est resté hors du Royaume et s’est marié à Schwabendorf ,le 18 février 1717, avec  Anne Marie Gauthier. Ce couple a au moins 2 enfants, Pierre (1718) et Alexandre (1727). Alexandre devient l’ancêtre de beaucoup de descendants qui habitent maintenant aux États Unis parce que l’un de ses descendants, un certain Peter Alexandre Chastain a décidé en 1850 de traverser l’océan et de s’installer à Roulette en Pennsylvanie. Une ironie géographique, car quitter son pays, c’est toujours jouer sa vie à la roulette du destin.

Confiscation des biens (1688)

Le 8 juin 1688, les biens de Lucrèce Dubrottier, veuve de Ellye Chastain de Vesc, furent confisqués « pour cause de religion » et vendus par l’intendant Étienne-Jean Bouchu. L’acte d’adjudication, conservé aux Archives départementales de l’Isère (2 C 997), mentionne la vente de ses biens à Claude Chastain, son cousin[8] resté en Dauphiné. Il s’agit ici probablement de  Claude Chastain, l’époux de Antoinette Frigière. Cette transaction officialisait la perte des possessions familiales après le départ de Lucrèce hors du royaume.

Les minutes d’Étienne Noyer, notaire à Vesc et gendre d’Élie Chastain, mentionnent à plusieurs reprises Claude Chastain entre 1688 et 1692, mais sans lien direct avec Lucrèce Dubrottier ni avec les biens confisqués.
Cela s’explique par le fait que l’adjudication de 1688 relevait de l’intendance du Dauphiné (Étienne-Jean Bouchu) et non du notariat local ; les transferts de propriété étaient enregistrés à Vienne ou Grenoble, hors de la juridiction du notaire de Vesc.

Le Quartier Chastan, attesté sur le plan cadastral de Vesc (section B3, 1828), correspond vraisemblablement à l’ancien Mas de Chastain mentionné dans l’acte de décès de Claude Chastain (1692 ). Situé à proximité de la Maison Frigière, il perpétue le nom et l’emplacement de la demeure familiale des Chastain et Frigière, probablement la même maison confisquée en 1688 après le départ de Lucrèce Dubrottier hors du royaume.

Remarque :

Comme vous l’avez lu Ellye Chastain est décédé le 10 décembre 1686 [9] et dans son testament on peut lire : «  il recommande son âme a Dieu le père tout puissant le priant qu’il luy plaise quand il luy sera agréable, de le retirer de ce monde en l’autre en songeant à la miséricorde divine par le moyen de la mort & passion de nostre Seigneur Jesus Christ et la sepulture de son corps au cimetière de l’ Église Saint Pierre de Vesc. » Et en effet Ellye a été enterré par le curé dans ce lieu.

Le 17 avril 1700 Marie, la fille de Ellye Chastan, et femme d’ Antoine André Noir est enterrée « en terre profane ».

Etienne Noyer, le gendre d’Ellye, décède le 29 juillet 1715 et est enterre par curé Aubert dans le cimetière de Vesc.

Mais le 6 novembre 1718, quand Judith Chastain décède, le curé Aubert lui « refuse la sepulture ecclesiastique pour navoir depuis plusieurs annees fait aucun devoir catholique ny demandé les sacrements dans sa dernière maladie. »  

Le fait que Marie Chastain (†1700) et Judith Chastain (†1718) aient été enterrées en terre profane montre qu’elles n’étaient pas considérées comme de vrais croyants catholiques, malgré leur séjour à Vesc. Peut être étaient-elles considérées comme des « nouveaux convertis suspects » – officiellement convertis, mais dont la communauté se méfiait ainsi que le curé de la paroisse (souvent en raison de leurs liens familiaux ou de leur manque de participation à la messe et à la confession).

En revanche Étienne Noyer, le gendre (†1715), est inhumé en terre consacrée. Cela peut signifier deux choses : 1. Il avait un statut officiel de notaire (bureau de fiducie), ce qui lui offrait une protection. 2. Il s’était effectivement converti ou du moins avait été publiquement reconnu comme catholique, malgré son mariage avec une femme protestante. En bref : l’enregistrement ecclésiastique suivait la réputation sociale plus que la pureté dogmatique.


[1] Qui appartient au dauphin de Dauphiné, et, par suite, au dauphin fils aîné du roi de France.

[2] Testament chez M Etienne Noyer le 08-11-1686. 2 E 11971 folio 153 / page 162. Ex la Honnête Marion Chastain le 29e octobre 1687.

[3] Aussitôt après la révocation… la cour manifesta l’intention de se saisir des biens délaissés… Les intendants des provinces reçurent des instructions dans ce but, et celui du Dauphiné ordonna le 29 décembre 1685, qu’il serait procédé à une recherche exacte des biens…. »

[4] RP Vesc (1676-1730) page 30

[5] RP Comps (1693-1713) page 13

[6] Contrat de Mariage 2 E 11973 page 181 (Etienne Noyer)

[7] Marie Chastain va se marier avec Antoine André Noir, un marchand d’Annonay le 14 juin 1696  à Comps. Un mois avant leur mariage, ils vont faire un contrat de Mariage chez M. Etienne Noyer, son beau-frère. Dans le contrat on peut lire que son père est décédé mais sa mère est encore en vie mais elle ne semble pas être présente. « fille naturelle et légitime de feu Ellye et de demoizelle lucresse dubrotier de vesc »

[8] Un parent éloigné, et non d’un cousin germain.

[9] RP Vesc (1676-1730) page 30